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Marina Raskova et les femmes pilotes soviétiques durant la
guerre 1939-45
Texte
original en anglais de Harold Stockton , Dariusz Tyminski
et Christer Bergström.
Traduit en français et complété par Daniel
Ramseier
Après que les allemands aient
envahi l'Union soviétique, entre le 22 juin 1941 et le 8
mai 1945, près d'un million de femmes servirent dans les
forces armées soviétiques, beaucoup de celles-ci étant
au front, endurant l'horreur des batailles en première ligne
et combattant aux côtés des hommes pour la survie de
leur patrie. Les régiments féminins d'aviation de
combat commencèrent à être formés en
octobre 1941, après que le Haut Commandement soviétique
autorisa Marina Raskova à organiser le Groupe d'Aviation
no 122, entièrement féminin.
Quelques
mots ici pour parler de Marina Raskova, une personnalité
très attachante. En plus d'établir des liens étroits
avec chacun et chacune qui avaient le plaisir de la connaître,
Raskova accordait une profonde attention aux personnes qui étaient
sous son commandement. C'était une femme cultivée
d'humeur joyeuse, pleine d'entrain s'intéressant à
tout, y compris la musique classique (virtuose du piano, elle avait
suivi l'école de musique Pushkin). Elle parlait couramment
le français et l'italien et avait étudié aussi
bien la chimie que les matières militaires. A l'âge
de 19 ans Marina Raskova avait été engagée
comme technicienne de laboratoire à la "Zhukovsky Aviation
Engineering Academy". En 1934 elle passa son examen de navigation
aérienne et obtint sa licence de pilote en 1935. Le 24 octobre
1937 Raskova et Valentina
Grizodubova, pilotant un AIR-12,
enregistrèrent le record du monde féminin de distance
avec un vol non-stop de 1'445 km. En 1938, Raskova prit part à
trois records mondiaux: Le 24 mai et le 2 juillet à bord
d'un hydravion MP-1, couvrant respectivement 1'749 km et 2'241 km.
et les 24-25 septembre avec V. Grizodubova et P. Osipenko en ANT-37
parcourant 6'450 km. en un vol non-stop de Moscou au Pacifique.
A l'âge de 26 ans elle reçu l'Etoile d'or des héros
de l'Union soviétique, avec Grizodubova et Osipenko, pour
leur vol record vers l'extrême Est.
Après l’éclatement
de la guerre germano-soviétique le 22 juin 1941, Raskova
utilisa son influence personnelle auprès de Staline et sa
position dans le Comité de défense du peuple pour
obtenir la permission de constituer une unité de combat exclusivement
féminine. Cette demande était cruciale pour beaucoup
de jeunes femme qui voulaient absolument combattre les ennemis de
leur patrie. En Union Soviétique il y avait déjà
quelques aviatrices qui avaient été entraînée
dans des aéro-clubs par les Osoaviakhim (Society for Assistance
to Defense, Aviation and the Chemical Industry). Avec l'approbation
de la Stavka (Haut commandement suprême) et l'assistance du
Komsomol (Young Communist League), Raskova débuta en octobre
1941 la création de trois régiments d'aviation entièrement
féminin, soit environ 400 femmes pilotes, mécaniciennes
et radio.
Après leur sélection,
les futures aviatrices étaient envoyées dans le petite
ville de Engels sur la rivière Volga au Nord de Saratov.
Là elles eurent 6 mois pour terminer leur formation de pilote,
alors que celle-ci prenait normalement 18 mois ! Raskova gardait
un œil sur tout le pro-cessus d’entraînement et
de sélection, la décision finale et l’orientation
de chacune lui revenant. Ce n’était pas facile car
bien sûr toutes voulaient devenir des pilotes de chasse. En
fonction de l’expérience et des qualités de
chacune, leur orientation comme pilote de chasse ou de bombardier,
radio-navigatrice, mitrailleuse, mécaniciennes ou armurières,
exigeait beaucoup de compétence, de psychologie et de persuasion
de la part de Marina dont l’autorité naturelle était
incontestée. Avec l’accord officiel de la Stavka, Marina
Raskova forma trois régiments d’aviation: le 586ème
IAP (Régiment de chasse), le 587ème
BAP (Régiment de bombardier en piqué) et le 588ème
NBAP (Régiment de bombardier de nuit). Le premier régiment
était initialement assigné à la défense
de Saratov, alors que les deux autres pouvait être envoyés
au front.[…]
Lorsque
ces trois unités de combat eurent terminé leur entraînement
à Engels, la situation militaire dans la ville et autour
de Stalingrad était devenue critique pour les soviétiques.
Le 1er Squadron du Régiment de chasse fut alors transféré
à Stalingrad […].
Parmi celles envoyée au front figuraient les sergents Lidya
Litvyak et Yekaterina (Katya) Budanova qui devinrent avec respectivement
11 et 12 avions ennemis abattus, des as dont on avait sous- estimés
les qualités de combattantes durant leur formation. Elles
avaient été alors plutôt considérées
comme des «fauteurs de trouble»…
Vu leurs compétences, Litvyak
et Budanova furent finalement transférées dans un
régiment d’élite : le 73 IAP, 6 GvIAD, 8 VA
(73th Fighter Aviation Regiment, 6th Guards Fighter Aviation Division,
8th Air Army). Combattant les meilleurs pilotes de chasse allemands,
ainsi que les préjugés de leurs camarades masculins,
Litvyak et Budanova atteignirent bientôt les 3 victoires aériennes
confirmées nécessaires pour être considérée
comme une as de la chasse soviétique.
Voici
un bref épisode des qualités de combattante de Lilya
Litvyak. Le 22 mars 1943, Litvyak fut attaquée par quatre
Messerschmitt Bf-109s au-dessus de la région de Kharkov.
Litvyak en descendit deux avant de faire fuir les derniers. Les
deux pilotes de chasse allemand abattus étaient le Lieutenant
Franz Müller (Bf-109G-4, coded "BH + XB") et le sous-officier
Karl-Otto Harloff (Bf 109G-2, coded "yellow 2") du 9ème
squadron, fighter wing 3 (9./JG 3). […]
Katya
Budanova mouru au combat le 18 juillet 1943 après avoir touché
deux avions enne-mis. Elle avait neuf victoires à son actif.
Quelques jours plus tard, le 1er août 1943, Lily fut abattue
alors qu’elle escortait une unité de Sturmoviks
de retour d’une attaque (c’était sa 3ème
sortie de la journée). A cause de sa notoriété
connue des allemands, huit Messerschmitt Bf-109's se concentrèrent
uniquement sur son Yak-1
qui portait le no 23 et réussirent après un combat
acharné à abattre celle que l’on surnommait
«la rose blanche de Stalingrad». Lily avait 22 ans,
accompli 168 missions et comptait 12 victoires personnelles à
son actif. Extrait des «sorcières
de la nuit» de Bruce MYLES
Equipée
également de chasseur Yak-1
le reste de la 586ème IAP,
commandée par le Major Tamara Kazarinova participa en novembre
1942 aux opérations Saturne et Uranus (l’élimination
de la 6ème armée allemande à Stalingrad). Après
la des-truction des forces allemandes dans la région de Stalingrad,
la 586ème IAP avait pour tâche
de défendre plusieurs impor-tants lieux logistiques et stratégiques.
[…] En 1944 l’unité,
équipée de chasseurs Yak-9,
prit part à l’offensive de Hongrie. La 586ème
IAP finit la guerre en Autriche sur un des aérodromes occupés
. Durant la guerre les femmes pilotes de la 586ème
IAP firent 4'419 sorties et remporta 38 victories. Les pertes n’ont
pas été totalisées.

Femmes pilotes soviétiques avant le
décollage.
Au 2ème plan, une première version du Yak-1 avec un
camouflage noir et vert foncé
Les
sorcières de la nuit du 588 NBAP (Régiment
de bombardier de nuit)
Le 588ème
NBAP fut officiellement déclaré prêt au combat
en mai 1942, et le 23 mai 1942 conduite par Marina Raskova, arriva
en Ukraine. Grâce à leurs prouesses ces femmes gagnè-
rent rapidement le respect de leurs adversaires et les allemands
commençèrent à les surnommer: les «sorcières
de la nuit».
Hauptmann Johannes
Steinhoff, le commandant de la II./JG 52 qui avait reçu
la croix de chevallier pour ces 101 victoires, écrivait le
2 septembre 1942: « Nous ne pouvions tout simplement pas
croire que les pilotes soviétiques qui nous causèrent
les plus gros problèmes étaient en fait des femmes.
Elles n’avaient peur de rien. Elles venaient nous harceler
nuit après nuit dans leur biplan rustique, et durant de longues
périodes ne nous laissaient pas fermer l’œil de
la nuit ».

La plupart du temps, la faible autonomie
(300 km) des Po-2,
biplans à ciel ouvert dont la vitesse maximum était
de 150 km/h et leurs faibles moyens de navigation et de bombardement
ne leur permettait pas de faire des dommages importants à
l’ennemi. Mais la nuit du 5 octobre 1942, un bombardement
chanceux mit le feu d’un dépôt de carburant sur
l’aérodrome de Armavir. Le feu s’étendit
et six Ju-88s et He-111s de la Stab.II./KG 51 furent détruits.
Seul un avion y échappa […].
En réaction le Fliegerkorps IV organisa une unité
improvisée de chasseurs de nuit la 10./ZG 1. Opérant
avec l’aide des projecteurs de DCA les Bf-110s de cette unité
sonnèrent le glas des lents et fragiles biplans lorsqu’ils
les rencontrèrent dans les airs. Les Po-2 en bois et toile
prenaient feu très facilement lorsqu'ils étaient touchés
par les tirs de mitrailleuses ou de DCA, et l’avion était
pratiquement chaque fois condamné. N'ayant pas de parachute,
le seul espoir du pilote était de se poser en catastrophe.
Le pilote de chasse de nuit qui
eu le plus de succès durant cette période fut l’Oberfelwebel
Josepf Kociok, qui fut crédité de 21 avions abattus
de nuit. Durant une seule nuit, il détruisit 2 Po-2 en une
sortie. Serafima Amosova raconte cet évènement: «
Une nuit, comme notre avion survolait l’objectif, les projecteurs
s’allumèrent, la DCA se mit en action, et une fusée
verte fut tirée du sol. La DCA arrêta de tirer, un
chasseur allemand arriva et descendit quatre de nos avions, l’un
après l’autre, à chaque fois qu’ils arrivaient
sur leur cible. Nos avions prenaient feu comme des chandelles. Nous
avons toutes cette scène gravée dans nos mémoires.
Lorsque nous atterrîmes et annonçâmes que nous
avions été attaquées par des chaseurs allemands,
ils ne voulurent plus nous laisser voler cette nuit-là. Nous
dormions dans une école dans des lits superposés.
Vous pouvez imaginer nos sentiments lorsque nous revîmes les
lits faits de nos amies qui périrent quelques heures plus
tôt ».
L’Oberfelwebel Josepf Kociok
fut décoré de la Croix de Chevallier. Il fut tué
plus tard près de Kerch lorsqu’il entra en collision
avec un avion russe en perdition et que son parachute refusa de
s’ouvrir.

Les “sorcières de
la nuit” réagirent en mettant au point diverses tactiques.
Elles volaient vers leurs objectifs en rase-motte puis au dernier
moment, prenaient de l’altitude avant de couper leur moteur
et piquer sur leur cible. Lorsque les allemands entendaient le sifflement
caractéristique du vent dans les haubans des biplans, il
était déjà trop tard.
Pour se débarrasser des projecteurs
elles se mirent à voler par groupe de trois. Les deux premières
servaient de leurre en simulant une fausse attaque. Pendant ce temps
la troisième pouvait attaquer sans être trop inquiétée.
Puis elle allait rejoindre les deux autres pour à son tour
servir d’appat et cela jusqu’à que toutes les
trois aient lâché leur bombe. Il fallait des nerfs
d’acier pour servir de leurre, mais cette technique était
efficace.
Mais la faible vitesse du Po-2 n’était
pas toujours un handicap. Equipé d’un moteur de 110CV
sa vitesse maximum était de 150 km/h. Il volait donc à
des vitesses bien inférieures à la vitesse minimum
des chasseurs allemands. Très maniables les pilotes pouvaient
voler très bas et … se cacher derrière les arbres.
Même si les dégats provoqués par ces rustiques
biplans étaient relativement peu importants à cause
de la faible charge de bombes (300 kg) qu’ils pouvaient emporter,
le harcèlement, l’effet d’insécurité
continuelle parmi les allemands étaient psychologiquement
très efficace.
Les statistiques soviétiques
montrent que cette unité fit 23'672 sorties et larguèrent
3000 tonnes de bombes. 23 femmes pilotes de ce régiment furent
décorées de la Croix d’Or des héros de
l’Union Soviétique. Ce régiment qui le 6 juillet
1943 en récompense reçu le nouveau titre de "46th
Taman' Guards Night Bomber Aviation Regiment" et fut le plus
décoré des forces aériennes soviétiques.

Quelques-unes des plus expérimentées
pilotes de la 46ème Guards Taman' Night Bomber Regiment,
toutes héroïnes
de l’Union soviétique. Depuis la gauche, entre parenthèse
le nombre de sortie: Lt Irina Sebrova (1008),
Capt Natal'ya Meklin (980), Capt Yevgeniya Zhigulenko (968) et Capt
Mariya Smirnova (950)
Le 587ème régiment d’aviation
de bombardement en piqué
Maj.
Marina Raskova prit elle-même le commandement du 587ème
BAP. Sa cheffe d’Etat-Major était la Capitaine Militsa
Kazarinova, soeur de Tamara Kazarinova qui fut la première
commandante du 586ème IAP.
Le 587ème commença à
s’entraîner sur les bombardiers Su-2,
puis ceux-ci étant devenu obsolets, fut rééquipé
bientôt de bimoteurs Pe-2.
Le 22 novembre 1942, le régiment termina son entraînement
et reçut l’ordre de rejoindre le front à Stalingrad.
Les champs d’opération de cette unité furent:
Orel, Kursk, Smolensk, Vitebsk, Borisov, le lac Mazurian. En mai
1943, le 587ème BAP rebaptisé
125ème "M. M. Raskova"
Borisov Guards Dive Bomber Aviation Regiment (après avoir
contribué à la libération de la ville de Borisov)
termina ses opérations de guerre en Pologne, près
d’Elblag […]. Les équipages de ce régiment
firent 1'134 missions de combats et larguèrent 980 tonnes
de bombes. Le succès le plus marquant de cette unité
est à mettre au compte de Mariya Dolina. Dans son Pe-2
elle descendit deux avions ennemis en même temps, un Bf 109
et un Fw 190.
Un vibrant hommage fut dédié
à cette unité par les pilotes de la France Libre du
régiment de chasse "Normandie-Niemen"
qui combattirent souvent aux côtés de ces femmes :
« Même s’il était possible de cueillir
et de déposer à vos pieds toutes les fleurs de la
Terre, cela ne constituerait pas une reconnaissance suffisante de
votre valeur ».
Marina Raskova ne survécut
pas à la guerre. Selon la Cap. Valentina Savitskaya-Kravchenko,
cheffe navigatrice de l’unité, en décembre 1942
il y avait un urgent besoin de convoyer autant de Pe-2 que possible
sur le front de Stalingrad. Alors qu’elle convoyait en première
ligne une formation de trois avions, le 4 janvier 1943, dans une
tempête de neige aveuglante, son avion s’écrasa
au Nord de Stalingrad contre les hautes falaises bordant la rive
ouest de la rivière Volga. Aucun équipage n’en
réchappa.
Le 587ème
BAP et le 588ème NBAP furent
engagés dans les intenses combats de la région caucasienne
au Sud de la Russie. Elles réalisèrent leurs missions,
parfois plus de 15 par nuit, en résistant au meilleur groupe
de chasse de la Luftwaffe : le JG-54
qui comptait quelques-uns des plus grands as de la chasse de l’histoire,
notamment Erich
Hartmann avec 352 victoires confirmées.

Femmes pilote du "46th Taman' Guards
Bomber Regiment" sur une photographie prise en 1945.
De gauche à droite: Rufa Gasheva, Natal'ya Meklin, Marina
Chechneva, Nadezhda Popova,
Sima Amosova, Dina Nikulina, Yevdokiya Bershanskaya, Mariya Smirnova,
Yevgeniya Zhigulenko.
Si on trouve passablement de littérature
sur les femmes pilotes, en revanche trop peu a été
écrit sur les équipes au sol, elles-mêmes exclusivement
féminines. Ces femmes avaient à traîner jusqu’aux
avions des réservoirs d’air comprimé de plus
de 60 kg, tirer les containers à munitions, déposer
les armes, charger les bombes, exécuter les travaux de maintenance
des avions et effectuer les réparations, tout cela à
l’air libre et par tous les temps. Ces femmes souffrirent
de gelures, de la chaleur, de stress, d’anxiété,
de faim et de fatigue.
En été 1943, Durant la bataille de
Kursk dont l'issue fut l'effondrement de tous les espoirs allemands
de victoire à l'Est, les unités soviétiques
féminines de combat furent engagée dans les plus féroces
opérations de combats aériens de l'histoire contre
le JG-54
de la Luftwaffe. Parmi
les femmes pilotes qui ne servirent pas dans les 586, 587 et 588ème
régiments figurait la lt. Anna Timofeyeva-Yegorova qui, dans
le Caucase et en Crimée, pilota le célèbre
IL-2,
surnommé "le tank volant". Timofeyeva, adjointe
du commandant de régiment du 805 ShAP (Regiment d'aviation
d'attaque au sol) était la seule femme de son unité.
Déjà grièvement blessée au début
de la guerre lors d'une dange-reuse mission de reconnaissance de
jour, elle fut à nouveau abattue en 1945 au-dessus de l'Allemagne.
Souffrant de multiples blessures, gravement brûlée
elle fut capturée mais survécut à ses blessures
internée dans un camp de prisonnier allemand. Lorsque les
russes "libérèrent" le camp... ils l'envoyèrent
dans un Goulag ! "Il n'y a pas de prisonniers russes, seulement
des traîtres" avait dit Staline. Elle fut donc accusée
de collaboration. Lorsqu'elle fut finalement rapatriée, elle
s'aperçut que, présumée morte, elle avait été
nommée à titre posthume "Héro de l'Union
soviétique"...!
(source
John H. Lienhard )
Informations complémentaires (en
anglais):
Un article très complet "Marina
Raskova and the Soviet Women Pilots of World War II" publié
sur l'excellent site australien Hargrave
consacré à l'histoire de l'aviation
.
A
Bridge of Wings : Le 4 juillet 1998, deux américaines
Nikki Mitchell et Rhonda Miles volèrent de Nashville à
Moscou en Maule M-5. De là elles refirent le trajet du vol
record réalisé par Valentina Grizodubova, Paulina
Ossipenko et Marina Raskova en 1938, volant côte à
côte avec deux avions russes. |