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Grâce à
une adaptation technique et de la persévérance, un rêve
va devenir réalité !
Je
me présente, je m’appelle Martin et beaucoup d’entre
vous me connaissent ou m’ont déjà vu à l’aérodrome.
Je suis passionné d’aviation depuis mon enfance, mais depuis
1988 et un accident de la route qui m’a rendu paraplégique,
je pensais ne jamais pouvoir voler par moi-même. J’avais pourtant
fait des démarches pour commencer l’écolage de vol
à moteur, mais l’OFAC avait jugé à l’époque
que j’étais paralysé trop haut pour le pilotage d’un
avion (problème de stabilité du corps.) Je m’étais
donc résigné jusqu’au printemps passé où
par hasard, atterrissant à Gruyère avec une amie pilote
et son Piper, j’ai remarqué vos planeurs en bout de piste
et une idée a alors germé dans mon esprit : saucissonné
dans l’habitacle par les ceintures, le problème de stabilité
du corps n’en était plus un ! - De plus, les planeurs n’ayant
pas de moteur, ça faisait une commande (la manette des gaz) de
moins à maîtriser (même si elle est remplacée
par les aérofreins pour l’atterrissage).
C’est
ainsi que j’ai fait un vol d’initiation, qui m’a fait
“crocher“; puis je me suis renseigné : oui, il existe
en Europe des paraplégiques qui volent en planeur, mais encore
aucun en Suisse.
Après des démarches auprès de l’OFAC, une visite
médicale et… un petit temps d’attente, on m’a
permis de commencer l’écolage (même si je ne sais pas
encore si je pourrai aller au terme de ma formation, étant considéré
comme une “expérience“).
Toutefois, ça ne fait que depuis ce printemps que je peux voler
en dirigeant entièrement le planeur grâce à un dispositif
de commandes à main. La partie essentielle de ce dispositif consiste
en un levier, fixé sur la gauche du cockpit et qui est relié
par un système de câbles au palonnier : en poussant la poignée,
je fais partir le planeur vers la gauche et en la tirant, vers la droite.
Après des débuts hésitants où je me trompais
de sens, je commence maintenant à maîtriser le travail du
palonnier.
Cette
commande est encore complétée par un système de crantage
qui bloque les aérofreins à plusieurs ouvertures différentes
lors de l’atterrissage, me permettant ainsi de me consacrer entièrement
aux corrections latérales avec le palonnier. Même s’il
me paraissait un peu difficile au début, le changement de cran
au cours de l’approche (en lâchant le palonnier un court instant)
n’est pas difficile et surtout n’impose pas de grandes corrections
latérales par la suite (même par fort vent latéral
comme testé dernièrement à Bellechasse). De plus,
je commence à bien percevoir le “point d’impact“
et je ne modifie donc pas beaucoup l’ouverture des aérofreins.
Au sol ensuite, je tire à fond sur la poignée des aérofreins
pour freiner le planeur, puis, à une certaine vitesse, je le dirige
vers le côté de la piste avec le palonnier avant de l’immobiliser.
Finalement,
comme vous le confirmeront les instructeurs qui ont testé le système,
ce n’est pas si compliqué et j’ai énormément
de plaisir à voler.
Un dernier mot pour remercier Pierre-Alain et ses aides pour les heures
qu’ils ont consacrées à la transformation du planeur,
ainsi que pour vous tous, instructeurs, pilotes, élèves
pilotes pour votre aide et votre bonne humeur…
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