50ème championnats suisses de voltige aérienne (1er au 6 septembre 2003)

En ce lundi matin frisquet (une quinzaine de degrés tout au plus), me voici arrivant aux aurores pour préparer le Bücker. Car c'est aujourd'hui que débutent les CS de voltige (mes premiers), et je ne voudrais pas être déjà pénalisé ou remarqué en arrivant sur les lieux du concours tardivement. Plein d'essence, contrôle de la machine, bâche et câble de démarrage en soute, me voici fin prêt. Un p'tit café avec Marianne, et me voilà parti. Direction : Fricktal-Schüpfacht. Je slalome entre les barbules du matin, ça caille pas mal ! (dire qu'il y a 24h à peine j'étais au bord de l'océan indien...).

Enfin, voilà, Gösgen, cap 330 et je devrais arriver dans 5 minutes. Je tourne un peu pour trouver le terrain et l'aperçois finalement, caché au flan d'une colline. Atterrissage impec, histoire d'éviter les railleries des collègues, me voilà au check-in. Certains parlent français, tant mieux. Je rencontre mes futurs concurrents, en classe sportsmen. C'est cool, il y a plein de romands. Je retrouve Jérôme, instructeur à Bex et qui vole aussi notre Bücker depuis peu. Plus habitué au cap 10, c'est avec cette machine qu'il concourra. Ce premier après-midi, briefing pour nous, alors que les «unlimited», volent déjà leur programme de qualification.

Ce mardi, c'est pour nous le vol d'entraînement. Rouillé pour n'avoir pas volé de voltige depuis 15 jours, j'utilise pleinement dans le box les 14 minutes qui me sont allouées. Bigre, c'est petit ce cube de 1 km/1 km, surtout à 1200m/sol ! Faudra faire gaffe demain ! Aujourd'hui, tout le monde vole. Les «advanced» et les «unlimited» volent leur libre, tandis que les «intermediate» ont aussi droit à leur entraînement.

C'est mercredi que ça devient sérieux. Bon, je suis prévu en milieu d'après-midi, au moins il ne fera pas trop froid. Au menu, programme imposé. Neuf figures différentes à voler le plus proprement possible. Ça se passe bien, surtout que j'avais utilisé l'entraînement à voler mon programme libre. Bon, j'aurais pu mieux marquer mes verticales, mais que font les autres ? Il y a de sérieux concurrents, même en «sportsmen». Heureusement (c'est pas sympa, mais c'est la compète') le plus dangereux se trompe de côté à sa 3ème figure, donc toutes celles qui suivent sont à l'envers, entraînant un résultat nul. Le voilà déjà hors jeu pour le podium. Dommage, car il volait vraiment bien. Les résultats tombent et : surprise, je suis 2e, à 10 points du 1er, en l'occurrence l'Extra 200 d'Ecu piloté par Vincent Dudler, presque étonné de se retrouver en si bonne posture (et surtout devant 2 instructeurs ...!). Jérôme est 3ème à 6 points de moi. Demain ce sera chaud. En «unlimited», Pierre Marmy (vu à Gruy'Air 03 avec son Suhkoï SU26) fait la course en tête, suivi de peu par Olivier Favre (Cap 231). A coup sûr le titre de champion suisse (seul le vainqueur des «unlimited» peut porter ce titre) se jouera entre eux.

Ce jeudi, nous sommes prévus en fin de journée. L'attente est longue, même si le spectacle est de toute beauté. C'est mon tour. Au point d'attente, je laisse chauffer doucement le moteur. Je suis sûr de moi, mais une figure me fait du souci (un humpty-bumb avec un quart de tonneau à gauche en montant). Le Bücker est un peu juste question vitesse pour cela et faudra la jouer fine. Surtout bien marquer mes verticales. Attention à ne pas dépasser les 500 m/sol autorisés, mais ça devrait jouer. C'est parti. Je tourne un bon programme, génial. Ca y est, voilà le renversement à gauche, quart de tonneau en descente suivi du fameux humpty-bump. YES, c'est passé ! Je pousse une braillée, termine le programme et retrouve le terrain en nage. Kiss-landing 3 points, taxi lent jusqu'au parking, magnétos off, je peux enfin respirer. Que font les autres ? Jérôme entame super-bien son programme, mais voilà, un quart de tonneau de trop, une interruption pour se remettre dans le bon sens et la tête du concours lui échappe. Bon, à Vincent maintenant? Bigre, c'est propre tout ça. A voir comme ça tourne en roulis, m'a l'air d'être une sacrée caisse cet Extra. Bon, les juges ne prennent pas en compte ces considérations, mais quand même. Faut dire qu'avec 400°/seconde en roulis, la moindre hésitation se voit quand on stoppe le tonneau pas tout à fait dans l'axe. Evidemment, avec le Bücker, c'est un peu plus lent, mais pas forcément plus simple. Au retour, Vincent nous dira que son vol a failli tourner au vinaigre. Pendant une ressource, il a senti une résistance dans le manche, peur de tout les voltigeurs: les commandes bloquées par un objet ! Après recherche, on trouvera au fond de la queue un élastique de ceintures; comme quoi une bonne pré-vol .... Avec la crispation il a cassé le Push-ToTalk (qu'on ne retrouvera pas) et il a terminé son programme sans radio. Tout le monde est passé. On se retrouve au camping-car de Jérôme pour savourer un apéro bien mérité. Les résultats tombent, définitifs: dans ce 2e vol, je suis 3e, Vincent est 2ème et Kurt Marbacher (qui vole sur MSW OneDesign, un avion en kit conçu par Max Vogelsang) nous met une valise. Au classement final, j'échoue à 20 points de Vincent, mais Kurt est revenu à 9 points derrière moi. Jérôme rétrograde à la 5e place, mais a déjà promis une revanche pour l'année prochaine, chez lui, à Bex. Vendredi voit la fin des vols des compétitions. Au classement final, Pierre Marmy remporte pour la 3e fois consécutive le championnat, Olivier Favre est 2e (à 40 points sur un total de 12000 !!!) et Bruno Müeller (SU26) complète le podium. Samedi, après une exhibition des «unlimited», c'est la valse des décollages et des vols de retour.

Pour résumer, ce fut une expérience géniale. Grosse ambiance, instructif, bonne météo, terrain très sympa. Je vous encourage vivement à y aller l'année prochaine, sans pression, quel que soit votre niveau. N'hésitez pas, ça en vaut la peine, quel qu'en soit le résultat. Et je pense même monter un petit concours interne, histoire de se préparer, mais on verra ceci la saison prochaine. Et ne me dites pas que ce Bücker est dépassé ! C'était le plus vieux et le moins puissant du plateau; comme quoi en volant propre...


Stéphane Borcard

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