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Différents récits nous ayants
mis l’eau à la bouche, nous avons décidé, Philippe
et moi, d’aller tester les fameuses ondes de la Cordillère
des Andes. Après 1heure 30 de vol depuis Buenos-Aires
en Boeing 737, nous avons donc atterri à Chapelco, notre base de
départ, située sur le côté argentin de la cordillère.
L’onde n’est pas tous les
jours au rendez-vous. Nous avons eu beaucoup de chance la première
semaine, la deuxième a été beaucoup plus calme avec
des vols en thermique et de pente. Pour l’onde, on n’utilise
pas les spectaculaires lenticulaires que l’on voit sur les photos,
car ils sont beaucoup trop haut, mais plutôt les nuages de rotors
culminants de 4 à 5000 mètres, dont les alignements nous
indiquent le chemin à suivre.
Il ne faut pas croire que l’on va
trouver une onde portant sans interruption sur des centaines de kilomètres,
mais plutôt des portions de quelques dizaines de kilomètres
permettant de faire le plafond pratiquement sans s’arrêter.
Toute la technique consiste à transiter d’un ressaut à
l’autre en sauvegardant son altitude. Le 14 décembre,
2ème vol, nous sommes descendus à 450 km au sud jusqu’au
lac Buenos-Aires, et après être remontés sur 300 km
direction nord, le front nous a rattrapé. Le 15 décembre,
décollage d’Esquel à 8 heures 20, à 800 mètres/sol
on coupe le moteur, et l’on croche directement l’onde qui
nous monte à 5000 mètres. Cap au sud, et après 70
km, nous faisons demi tour, la nébulosité étant trop
importante.
L’onde devenant meilleure, nous
continuons direction nord avec des plafonds de plus de 6000 mètres
et faisons demi tour après un segment de 825 km (ce qui représente
la distance Gruyère – Berlin), Le 16 décembre, journée de repos malgré de magnifiques conditions (On est pas des surhommes). Le 17 décembre,
décollage à 6h25 pour un vol allez-retour de 1400 km direction
nord. Accrochage de l’onde assez facile et montée à
7600 m, départ à 7h30.
Nous sommes au sud des plus hauts sommets des Andes. L’onde nous lâche, et nous volons dans des confluences. Après 30 km direction sud, nous raccrochons l’onde. Il nous a fallu 3 heures pour parcourir 230 km !!!. L’Express des Andes est de nouveau lancé, cap au sud sur 640 km à 160 km/h. Nous sommes à 50 Km au sud de Chapelco, il reste 4h10 jusqu’à la nuit, Klaus propose une petite rallonge direction nord sur 450 km, puis retour de 400 km, soit 850 km parcourus en 3h45, soit une moyenne de 225 km/h (de plus, en sortant les AF lorsque on ralentissait dans les secteurs ascendant, ceci pour rester à la même hauteur que le DG400).
Il faut bien avouer que sans Klaus, jamais nous n’aurions parcouru une telle distance au quatrième vol. Son expérience nous a permis de progresser vraiment très rapidement dans ces lieux particulièrement hostiles. Un autre jour, nous sommes descendus au sud sur plus de 200 km en volant à la pente entre 1'800 et 2'200 mètres. Dans ces contrées, c’est très spectaculaire, le retour s’est fait dans l’onde.
Nous avons volé trois jours en thermique. Des plafonds relativement faibles nous ont incité a voler très prudemment sans beaucoup nous éloigner de la base. Huit planeurs étaient basés à Chapelco, et je trouve personnellement dommage que l’obsession de la chasse au record faisait oublier à certain pilotes le plaisir du vol: question de mentalité. Cette expérience a vraiment été extraordinaire, et nous comptons bien la renouveler. La logistique est toutefois très compliquée à mettre en place, car si nous voulons voler pour notre compte, il faut organiser le transport d’un motoplaneur pour plusieurs pilotes, aucune structure permanente n’existant sur place. De plus il faut impérativement être capable de communiquer en espagnol avec le contrôle aérien. Avis aux amateurs. Il ne faut toutefois pas croire que cette
expérience va nous lasser de voler dans nos contrées. Chaque
région a son potentiel qu’il faut exploiter au mieux, et
pour moi, un 1'000 km parcouru dans les Alpes apporte certainement autant
de satisfaction qu’un 2'200 km le long des Andes. Vidéo du vol de 2'200 km et fichier .igc Les fichiers log .igc peuvent être lus par le programme gratuit Google Earth. Pour celà dézippez-le sur votre disque dur et convertissez-le en fichier .kml au moyen de ce programme. Cliquez sur le bouton "Parcourir", retrouvez votre fichier .igc et sélectionnez-le. Il vous reste alors à choisir la couleur du tracé et à cliquer sur le bouton: "Submit/Validez". Vous pourrez alors visualiser le trajet en 2D ou même en 3D avec le programme Google Earth, que vous aurez bien sûr préalablement installé après l'avoir déchargé à cette adresse.
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