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Le paysage devient de plus en plus aride, mais reste très montagneux. Nous devons grimper vers 8500ft pour passer certains cols. Premier stop (si l'on peut dire...) est au dessus de Mono Lake avec ses concrétions de lave tout autour; quelques virages, photos à gauche et photos à droite. Décidément ce Diamond Star tourne parfaitement bien et les virages à plus de 45 degrés sont sans à-coup et agréables.
La descente qui dure près de 20 minutes dans Death Valley est exceptionnelle, Jean Claude et moi avions déjà visité cet endroit avec nos familles respectives, mais d'y retourner par les airs, c'est encore un autre rêve qui se réalise. Au lieu de donner les vitesses en approche, cette fois on a décidé d'annoncer les tempé- ratures ! Les chiffres vont s'égrener à mesure que nous perdons de l'altitude. Des 14 degrés que nous avions à 8500ft, ...20... puis 25 puis 30, 31, 32, 33, 34, 35 et des pointes à 36 juste après l'atterrissage.
Le terrain est perdu au milieu de nulle part, mais un téléphone permet d'appeler le gardien du coin qui vient nous faire du refueling. Et un van nous amène dans le ranch d'à côté. En fait de ranch c'est un motel ou les cars de touristes se déversent. Nous mangeons un buffet bof bof au milieu d'un flot de touristes français et repartons rapidement vers des altitudes plus clémentes, dans tous les sens du termes ;-). La prochaine étape doit nous permettre d'atteindre Las Vegas en un vol d'environ une heure. La préparation de Jean Claude est soigneuse, la région est très chargée, l'approche nous fera tra-verser les class Bravo de l'aéroport international de Vegas. Nous poserons au Nord sur le petit terrain de North Las Vegas qui a 3 pistes de 2 à 3 km (donc la taille de Zurich Kloten !)
Nous voulons bien sûr survoler le centre ville de Las Vegas de nuit, et rien de moins. Il y a une route de départ VFR, la Showboat qui traverse effectivement le nord du centre de Vegas à 4000ft, c'est parfait et nous demandons donc au Ground une « Showboat departure».
De retour devant l'hôtel Jean Claude décide que même après un vol de nuit Las Vegas sans voir le Strip depuis la terre ferme n'est pas Las Vegas. Nous voilà donc partis en taxi au centre ville, où cette fois nous pouvons admirer la débauche de lumière depuis le sol. De temps en temps notre regard se perd sur les avions et les hélicoptères qui continuent de parcourir le ciel. Mais un gargantuesque buffet nous remet défi-nitivement les pieds sur terre et sans avoir gagné des millions de dollars mais avec des millions de souvenirs, nous regagnons notre hôtel pour une nuit bien méritée. Las Vegas - Grand Canyon - Bryce Canyon - Lake Powell Ce matin Pierre Henri n'a même pas entendu son réveil, il est 7:30 et le rendez-vous est à 7:30. Douche à la vitesse grand V et les deux compères se retrouvent pour le petit déjeuner. Il faut savoir que l'entrée des hôtels de Las Vegas se fait évidemment par les machines à sous et les jeux et ce n'est qu'après avoir traversé de nombreuses salles que l'on trouve au fond du bâtiment l'hôtel lui-même. Et bien à 7h du matin il y a toujours... ou encore.... des joueurs en pleine activité et scotchés devant leurs bandits manchots.
Nous voilà déjà clear for take-off pour de nouvelles aventures. Nous commençons par refaire la Showboat departure de jour, c'est définitivement moins impressionnant et cap à l'est pour s'approcher du Grand Canyon. Il y a de très nombreux trafics pour les vols "sight-seeing" de Vegas au Grand Canyon et nous demandons un flight following. Et ça marche autrement que sur certaines fréquences
de pays voisins... Un "vector for trafic turn 10 degree left"
un "suggest to climb to 10'000ft (nous étions à 9500ft)
for traffic avoidance" ça roule comme sur du papier à
musique malgré un trafic intense. Nous faisons donc deux traversées du grand Canyon, qui se passent de tout commentaire, c'est encore et toujours fabuleux.
Nous approchons du terrain de Grand Canyon (où il y a 15 ans Pierre Henri décollait avec sa femme et sa fille pour un vol local, si à l'époque il avait imaginé y retourner aux commandes d'une machine!) Une très jolie approche sur ce terrain bordé
de forêts, et comme toujours le service est là. On nous
conduit gracieusement à la ville (si on peut appeler cela une
ville) mais où nous mangerons une super plat mexicain. D'ailleurs
les turbulences de l'après-midi le rappelleront à notre
bon souvenir. Après une nouvelle traversée du Grand Canyon il faut environ 1 heure de vol pour rejoindre Bryce Canyon. Un nuage bien noir juste devant nous permet de nettoyer le pare-brise et derrière, les sculptures de Bryce Canyon se découvrent sous le soleil. Ce site est très différent de ce que nous avons vu le matin. Le côté gigantesque et majestueux du Grand Canyon est remplacé par de fines dentelles blanches et ocres. Nous effectuons un atterrissage juste pour le plaisir de poser sur le terrain de Bryce Canyon et repartons vers le Sud pour rejoindre le Lake Powell. Il est passé 4 heures, les couleurs chaudes et l’éclairage rasant de la fin de l'après-midi magnifient encore plus les formes les plus originales sur ce désert déchiré.
Après 30 minutes de vol, le lac Powell surgit au loin. Ces contours tortueux (en calculant la longueur de ses rives, le contour du lac fait plus de trois mille kilomètres), et cet éclairage de début de soirée nous permet d'admirer ce lac et ses rives grandioses. Nous resterions bien des heures à admirer ces paysages, mais terminons la descente vers l'aérodrome de Page au bout du lac. Le service est comme à son habitude très attentionné. On nous attache l'avion, nous amène au terminal dans une petite voiture électrique, et on nous transporte à notre hôtel dans le shuttle de l'aviation générale. Et pour ce service, il suffit de faire le plein ! La journée se termine par un resto chinois absolument quelconque.
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